L’adepte
Le suiveur est une personne qui recherche la sécurité en s’alignant sur l’orientation définie par autrui. Plutôt que de prendre des initiatives ou de faire des choix, le suiveur s’en remet aux décisions prises par quelqu’un d’autre. De cette manière, le risque de rejet ou de conflit semble minimisé : ceux qui suivent ne courent pas le risque de commettre une erreur.
Ce schéma apparaît souvent au sein de familles où l’autonomie ou l’expression de soi n’étaient pas encouragées, mais plutôt étouffées. Un enfant à qui l’on a répété « Fais simplement ce que je te dis » ou « Ne discute pas » apprend qu’il est plus sûr de se conformer à la volonté d’autrui. Par conséquent, sa voix intérieure s’efface, et une conviction s’installe : « Si je me plie à la volonté de l’autre, je reste en lien avec lui. »
À l’âge adulte, ce profil se manifeste de diverses manières. Prenons l’exemple d’un homme qui, au moment de choisir des vacances, répond systématiquement : « Décide toi ; tout me va. » Si sa partenaire peut y voir un signe de souplesse et d’amabilité, il s’agit pour lui, avant tout, d’un moyen d’éviter de prendre des responsabilités. Il craint, en effet, que faire un choix personnel ne l’expose à des critiques ou ne suscite une déception.
Un autre exemple est celui d’une jeune femme qui n’exprime jamais d’opinion tranchée lorsqu’elle est avec ses amis. Que la conversation porte sur la politique, les relations ou le travail, elle se contente généralement d’acquiescer à ce que disent les autres. Aux yeux du groupe, elle paraît sympathique et évite tout conflit, mais elle en est arrivée, pour sa part, à un stade où elle sait à peine ce qu’elle souhaite réellement.
Ce qui caractérise le « suiveur », c’est une absence de connexion avec ses propres désirs ou préférences. Son système nerveux perçoit l’indépendance comme dangereuse ; c’est pourquoi il préfère s’aligner sur quelqu’un d’autre. La pensée inconsciente est la suivante : « Si je te suis, je n’ai pas besoin de prendre de risques moi-même, et je reste en sécurité. »
La société perçoit souvent la personne qui « suit » comme quelqu’un de facile à vivre, de flexible ou de docile. Le revers de la médaille, c’est que l’estime de soi s’amenuise progressivement. Plus une personne se laisse guider par les autres, plus il lui devient difficile, à terme, de reconnaître ses propres désirs et ses propres limites.
Le « suiveur » illustre la façon dont une attitude obséquieuse peut se traduire par un abandon total de la maîtrise de soi. Si cette posture peut paraître amicale et conciliante, elle constitue en réalité une stratégie visant à éviter le rejet. Ce profil repose sur la conviction suivante : « Si je te suis, je suis en sécurité. Si je suis ma propre voie, je risque de perdre le lien. »